Istoria Bibliotecii

LA NOUVELLE BIBLIOTEQUE  BYZANTINE EST BIEN ACCUEILLIE

Les études byzantines à l’Assomption sont une tradition inscrite dans les gènes. Les pionniers  que furent les PP. Salaville, Jugie, Darrouzès, Petit, Laurent, fondateurs de l’Institut d’études byzantines de Constantinople, des Echos d’Orient puis de la Revue des études byzantines, nous ont laissé en héritage un intérêt pour la découverte de l’“autre” tradition chrétienne et le désir de voir l’Église respirer avec les deux poumons du christianisme, comme le disait Jean-Paul II.

La bibliothèque byzantine constituée à Constantinople, transférée ensuite à Bucarest, en 1937, représentait une mine d’or pour les byzantinologues, mais aussi pour tous ceux qui voulaient mieux connaitre la cristallisation des dogmes chrétiens dans les deux grandes traditions chrétiennes, Orient et Occident. Arrivée à Bucarest sur l’insistance du grand historien byzantinologue roumain Nicolae Iorga, après l’échec d’autres points de chute envisagés comme Athènes, cette bibliothèque a vite trouvé des candidats à la découverte et à l’exploitation de ses richesses. Ainsi on voit circuler parmi ses rayons des hommes importants de la classe intellectuelle roumaine: Vladimir Ghika, Mircea Eliade, Mircea Vulcănescu, Ncolae Bănescu, Ioan Miclea, etc.

Des témoignages émouvants

Nous avons rencontré et écouté avec beaucoup d’émotion des gens qui ont connu les Pères Assomptionnistes de la maison de Christian Tell. Ils nous ont donné leur témoignage plein de respect pour ceux qui ont été leurs maîtres dans le domaine de la recherche byzantinologique.

« J’allais tous les jours à la bibliothèque de l’Institut. Elle était fréquentée par Ioan Barnea et le professeur Stefănescu. Progressivement j’ai gagné la confiance du P. Vitalien Laurent qui m’avait proposé de rédiger une thèse de doctorat sur la rhétorique byzantine sous les premiers Paléologue. En 1944, je participais aux conférences données par le P. Laurent à l’Institut de l’Histoire Universelle sur le thème, Byzance, mère des Balkans. J’étais apprécié par le P. Laurent, qui ayant grande confiance en moi, m’a confié les clefs de la bibliothèque. Il y avait des journées où j’étais seul dans la bibliothèque » confie, depuis Paris, Petre Nasturel, un byzantinologue roumain, ancien professeur à la Sorbonne et chercheur au CNRS. Un autre historien, aujourd’hui âgé de 86 ans, Victor Papacostea, nous a partagé, lui aussi, les émouvants souvenirs de ses centaines d’heures passées dans la bibliothèque de l’Institut et de la profonde reconnaissance et gratitude qu’il a encore aujourd’hui pour les Pères Assomptionnistes.

Un sauvetage rocambolesque

Le “rideau de fer” marxiste a interrompu l’activité de l’Institut et de la bibliothèque, alors qu’ils étaient en plein essor. Le P. Vitalien, avant d’être forcé d’embarquer pour la France le 21 novembre 1947 avec les Pères Janin et Darrouzès, confie à son disciple Nasturel: “prends soin de la bibliothèque de l’Institut”. Encouragé par ces dernières paroles, Nasturel, avec deux assomptionnistes, Fr. Petru Bârsan et P. Emile Jean, aidés par la maman d’un détenu politique caché dans notre maison, Camil Demetrescu, ont organisé le sauvetage de la bibliothèque: d’une part des flammes du zèle communiste auxquelles elle aurait été destinée, et, d’autre part, de la convoitise d’autres Instituts historiques de Bucarest qui voyaient bien ces livres remplir leurs propres rayons. Rien que sur ce sauvetage rocambolesque on pourrait écrire un roman. Les uns disent qu’environ 25 000 livres auraient été jetés, en une seule nuit, par dessus le mur dans la cour de l’Ambassade de France. D’autres soutiennent que le P. Emile Jean aurait percé un trou dans le mur du sous-sol de la maison à travers lequel, pendant plusieurs nuits, l’équipe aurait passé les livres dans l’enceinte de l’Ambassade. Plus vraisemblablement, selon le témoignage direct de Petre Nasturel qui y a participé, le sauvetage s’est fait avec une brouette, pendant plusieurs nuits, par le P. Emile, aidé de son équipe, en passant par une poterne de notre propriété à celle de l’Ambassade de France. Ainsi mise à l’abri, la bibliothèque a pu prendre, grâce à la diplomatie française et par des wagons plombés au statut de valise diplomatique, le chemin vers Paris, rue François Ier.

La bibliothèque sera complétée

Nous avons reconstitué une bibliothèque d’environs 15.000 volumes. La plupart de ces livres arrive du fonds de l’Institut des études byzantines d’Athènes, transféré à Juvisy et minutieusement retravaillé par les soins des PP. Madec et Zago, aidés par la bonne volonté des novices. Un autre stock, environ 3000 livres, nous est arrivé de Rome, de la “vieille” bibliothèque de la maison généralice, où pendant deux années les PP. Navarro et Dîncă ont trié les milliers de livres ayant appartenu aux bibliothèques personnelles des byzantinologues assomptionnistes. Enfin, nous sommes en train de compléter le patrimoine de la bibliothèque en recevant des dons de l’Institut des études orientales de Nimègue, Hollande, grâce aux bonnes relations entre l’Assomption (fondatrice)  et son directeur, le professeur Herman Teule. Enfin, la bibliothèque de la maison provinciale de Paris nous fournira une documentation qui aura son utilité et sa place dans une bibliothèque comme la nôtre, spécialisée en byzantinologie et patristique.

A travers ce patrimoine de l’Assomption, nous voulons sensibiliser la société roumaine, catholique des deux rites, orthodoxes, chercheurs et hommes de culture, à la richesse commune qui a jeté les bases de la foi et de la tradition chrétiennes et qui a posé les fondements de la civilisation orientale et occidentale. Notre apport, aux moyens modestes, est accueilli avec enthousiasme par les historiens, les théologiens, les byzantinologues de la Roumanie postcommuniste, tandis que les anciens, qui ont vécu dans la proximité avec les assomptionnistes d’avant le communisme, regrettent leur vieil âge, mais viendront fouiller nos livres et nous encourager en ce projet voulu par Dieu.

Lucian Dîncă.

Fondul de carte al Bibliotecii de studii bizantine al Centrului Sfintii Petru si Andrei,

La invitatia istoricului Roman Nicolae Iorga, Asumptionistii deschid la Bucuresti, Strada Christian Tell, fosta Luminei, un Institut Francez de Studii Bizantine. O valoroasa biblioteca va conferi foarte repede notorietate in lumea culturala bucuresteana. Multi cercetatori si studenti vor fi cei care vor pasi pragul acestei biblioteci. Parintii asumptionisti, Vitalien Laurent, Jean Darouzes, Raymond Jannin vor desfasura o activitate stiintifica de inalt nivel pana la expulsarea lor de regimul comunist, in noiembrie 1947. Din fericire, valoroasa bibliotecă bizantină a putut fi salvată, in extremis, datorită vecinătății imobilului cu Ambasada Franței, în incinta căreia au fost depozitate, pe timp de noapte, cele aproximativ 25.000 de volume. „Legenda” spune că Pr. Emile Jean ar fi putut face acest transfer prin două modalități: fie prin aruncarea lor, pe timpul unei nopți, în incinta Ambasadei Franței, fie prin perforarea unei găuri în zidul incintei Ambasadei, la demisolul casei, prin care ar fi făcut transferul, timp de 2-3 nopți la rând. Conform mărturiei lui Petru Năsturel, discipol al Pr. Vitalien Laurent, directorul Institutului, biblioteca ar fi fost salvată de asumpționiștii rămași în casă, in cognito, Fr. Petru Bârsan și Pr. Emile Jean, care, timp de mai multe nopți, au cărat cu roaba cărțile aflate deja în lăzi și le-au depozitat în curtea Ambasadei Franței. Indiferent care ar fi varianta cea mai apropiată de adevăr, lucrul sigur și îmbucurător este că biblioteca a scăpat flăcărilor zelului comunist și prădătorilor care râvneau la o asemenea comoară. Cărțile au putut fi preluate și transportate prin valiză diplomatică în Franța, iar astăzi acele volume îmbogățesc rafturile bibliotecii Institutului Catolic din Paris.

Fondul de carte de care biblioteca noastra dispune astazi provine din mai multe surse demne de mentionat cu ocazia deschiderii oficiale a portilor ei cercetatorilor si studentilor interesati de patristica, istoria Bisericii din antichitate, bizantinologie. Dupa plecarea Asumptionistilor din Romania, Institutul Francez de Studii Bizantine a continuat la Paris, Rue Francois Ier, cu o filiala la Atena, in Grecia, unde s-a constituit de asemenea o importanta biblioteca bizantina de nivel academic. Dupa inchiderea acestei filiale, in anul 2000, fondul de carte a fost recuperat si transferat anul trecut la Bucuresti, via Paris. Avem astazi circa 10.000 de volume provenite pe aceasta cale. O alta sursa importanta de provenienta a cartilor din biblioteca este rezerva personala a bizantinologilor Asumptionisti care au stocat bibliotecile lor personale la Roma unde Asumptionistii au casa lor Generala. Pe aceasta cale au sosit circa 2000 de volume foarte rare si de o insemnatate si valoare inestimabile. Institutul de Studii Orientale din Nimegue, Olanda, infiintat tot de Asumptionisti, ne-a oferit un fond de carte de circa 3000 de volume. Parintele Michel Kubler, membru al comunitatii noastre, fost redactor sef al ziarului La Croix din Paris, a donat bibliotecii nu mai putin de circa 1000 de volume. De asemenea unii donatori privat, precum Dna Dana Sandoiu, Editura Omonia, Dl. Academician Razvan Theodorrescu, Dl. Profesor Tanasoca, auzind despre deschiderea Centrului nostru si de dorinta reconstituirii unei biblioteci de nivel academic ne-au oferit sprijinul si donatie de carte. Tuturor le multumim sincer si speram ca acest instrument de valoare sa fie cat mai util cercetatorilor si studentilor care in spirit de deschidere si de cunoastere doresc sa aprofundeze istoria si gandirea din trecut pentru a trai mai bine prezentul si imagina mai fructuos viitorul. Orientul si Occidentul au cunoscut momente de glorie, drum facand impreuna, astazi portile ne sunt deschise pentru a continua acest drum: noi suntem niste pitici, spunea Toma de Acquino, pe umerii uriasilor. Avantajul este de partea noastra deoarece, chiar daca suntem pitici in cunoastere suntem urcati pe umerii Uriasilor, deci vedem ceea ce au vazut ei, ba chiar mai mult, deoarece privirea noastra merge mai departe.

Stiinta nu apartine nimanui, este la dispozitia tuturor. Bernard Weber, Nous les Dieux.

Stiinta se pierde cu cel care neglijeaza sa o transmita. Roman Guillaumes, A vrai dire.

Stiinta este cel mai frumos lucru pe lume. Marc Twain, Aventurile lui Tom Sawyer.

Indoiala nu este dedesubtul stiintei, ci deasupra. Emile-Auguste Chartier, dit Alain. Propos sur l’education.

In adevarata constiinta a stiintei nu exista nici mari, nici mici lucruri. Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra.

Stiinta incepe acolo unde incepe ceea ce lumea ignora. Remy de Gourmont, Des pas sur le sable.

L’HISTOIRE MOUVEMENTEE DES BIBLIOTHEQUES BYZANTINES

On l’aura compris: la bibliothèque qui a pu être sauvée lors de l’arrivée au pouvoir des communistes n’est pas celle qui vient d’être reconstituée à Bucarest. Celle-ci est essentiellement constituée par la Bibliothèque de la Section Athénienne de l’Institut d’Etudes Byzantines.

La première mention de cette ”section athénienne” apparait dans la Répartition de 1953-1954. Y ont travaillé les PP Sévérin Salaville, Emile Jean (qui avait dû fuire à son tour la Roumanie), Pargoire Darrouzès, Grégorios Novak, Marie-René Patinot, Julian Walter. Celui-ci, actuellement dans la communauté d’Albertville, a été le dernier byzantinologue de la section d’Athènes (sise Rue Asklipiou) qui a fermé en 1996. La bibliothèque a été stockée à Juvisy avant de „ressusciter” à Bucarest où elle a été et sera encore enrichie par d’autres apports.

La bibliothèque évacuée de la rue Christian Tell, qui provenait de Kadiköy (Constantinople),  a abouti avec l’Institut Byzantin au 8 rue François 1er. Le P. Albert Failler considère que l’inspirateur intellectuel et missionnaire de l’équipe de fondation à Constantinople, en 1895, a été le P. Edmond Bouvy. Encouragé par le P. D’Alzon, il est l’auteur de deux thèses savantes (1). Mais le véritable fondateur de l’Institut et de la bibliothèque fut le P. Petit, futur archevêque catholique d’Athènes, qui les dirigea de 1895 à 1912.Transférée à Bucarest en 1937, la bibliothèque y demeura jusqu’en 1948. Expédiée à Paris dans les conditions évoquées ci-dessus par Lucian Dinca, elle connut encore quatre sièges successifs: 8, rue François 1er (1949-1980), 49 bis avenue de la belle-Gabrielle à Nogent-sur- Marne (1980-1983), 8 rue Séguier (1983-1994), et 21 rue d’Assas (depuis 1994). Si l’Assomption reste propriétaire du fonds, c’est désormais l’Institut Catholique de Paris qui en a la jouissance et la responsabilité.

(D’après le texte d’une conférence du P. Albert Failler, 10/10/2005)

(1)           La première thèse avait pour objet l’oeuvre d’Isidore de Péluse, un moine égyptien du 5ème siècle et de langue grecque, qui a laissé une correspondance de plus de 2 000 lettres. La seconde concernait le rythme tonique dans l’hymnographie grecque. Il y établissait pour la première fois les principes de la prose rythmée des Byzantins et certaines lois de la clausule métrique. Il est aussi l’auteur d’un livret intitulé Les Etudes grecques en Orient, qui semble avoir été destiné avant tout aux membres du nouvel Institut.Une Charte de fondation, en quelmque sorte.

Les lecteurs qui veulent en savoir plus sur les Etudes Byzantines en Roumanie peuvent consulter l’article du P. Vitalien Laurent, aa, dans la Revue des Etudes  Byzantines, année 1948, volume 6, n°6, pp.241-268: intitulé: Les études byzantines en Roumanie, de 1939 à 1946. Cet article souligne l’intérêt tardif des intellectuels roumains pour Byzance et, au tout début du XXème siècle, l’épanouissement des études byzantines portées par de nombreux et remarquables chercheurs roumains.

Cet article est consultable en utilisant le lien suivant:

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rebyz_0766-5598_1948_num_6_1_983

 

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